Réagir depuis une blessure ou s’exprimer de manière consciente ?
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Et si le fait de s’abstenir de nommer nos inconforts, de préférer garder les choses pour soi sous prétexte que “c’est à moi de me gérer”, n’était pas toujours une preuve de maturité émotionnelle ?
Je rentre d’un voyage magnifique de 2 semaines en Inde.
Les 10 premiers jours que j’ai passés là-bas se sont déroulés dans le cadre d’une retraite ayurvédique rythmée par un programme de yoga, méditation et soins quotidiens. Un espace hors du temps où tout ralentit.
Dans ce cadre idyllique, le mental s’apaise, on redevient plus présent et plus conscient. Je me suis sentie être, tout simplement. Je n’avais plus besoin de rien faire, tout était programmé et organisé pour moi. Aucune charge mentale, juste me laisser porter. Quel privilège ! Un privilège qui m’a permis de m’observer et revenir à mon essence.
Et dans ce calme, quelque chose s’est clarifié en moi.
Pendant longtemps j’ai cru que si une peur ou un inconfort apparaissait, que si quelqu’un me disait quelque chose qui me déplaisait, cela voulait dire que cela parlait de moi avant tout. Que j’étais, comme on l’entend partout, “trigger”!
Et si ça appuyait sur mes boutons, alors c’était à moi de trouver les moyens de rassurer ma petite fille intérieure ou de m’apporter la validation dont j’avais besoin.
Alors souvent je me taisais. Je m’interdisais de poser des questions, de valider ma perception, ou de nommer ce qui me traversait par peur de déranger.
Puis j’ai tout simplement réalisé qu’il y avait une grande différence entre être trigger et s’exprimer en conscience.
Poser des questions calmement pour (in)valider ses craintes, nommer un inconfort ou une incompréhension, ce n’est pas réagir depuis une blessure. C’est très différent d’une réaction impulsive, ou de faire de la projection. C’est au contraire une forme de conscience.
Une forme de conscience qui permet une plus grande ouverture du cœur et aux autres et donc aux relations authentiques et vraies.
Cette prise de conscience a résonné si fort que je sais qu’elle a changé quelque chose en moi. Quelque chose s’est libéré. Un poids en moins, de l’espace en plus… qui me permet de m’autoriser encore un peu plus d’être pleinement moi-même… et ça… ça fait un bien fou !